|
Le raid se déroule de
nuit, le départ est donné à minuit au Puy-en-Velay.
Le temps limite est de 15 heures, ce qui laisse une grande
marge de sécurité pour boucler la distance.
L'épreuve n'est pas un trail, le parcours est constitué à 70
% de petites routes de campagne entre Le Puy et Firminy.
De nuit, il n'y a pratiquement aucune voiture, si ce n'est
celles des organisateurs qui circulent afin de vérifier le bon déroulement
de la course.
Inutile de se charger en boisson et aliments, les ravitos
sont suffisamment rapprochés, en moyenne moins de 10 km.
A 0 heure, le départ est donné et les leaders prennent
immédiatement la tête de course, il ne faut pas essayer de les suivre, sauf
si l'on vise le podium bien sûr !
Sur cette épreuve, le niveau des concurrents est très
disparate : le vainqueur cette année, Eric Sagnard, mettra 5h13 pour
boucler la distance et battra par la même occasion le record de l'épreuve.
Ma stratégie de course est simple, je pars relativement
tranquillement et j’essaye d'arriver frais à Monistrol au km 52, car la fin
du parcours est difficile.
Comme dans toutes les courses, certains partent comme des
dingues ! Mais pas de panique, on les rattrape bien vite !
Après 2 kilomètres, le rythme redevient
plus calme, je suis vers la 50ème place environ.
Vers le kilomètre 5, nous sortons de Brives Charensac, il
faut allumer la frontale, les voitures des organisateurs ne sont pas loin et
les gyrophares orange signalent le parcours.
Juste après Pont de Sumène, ça commence à grimper sur 4
kilomètres environ et puis c'est la longue descente sur Malrevers qui marque
le premier CP et ravito du kilomètre 13, je passe en 57 minutes, mon tableau
de marche est respecté, je suis 29ème. Eh oui, déjà une vingtaine
de places grappillées !!!!
A noter qu'il n'y a pas de dossard, c'est un petit carton
qu'il faut faire tamponner à chaque CP.
Ensuite jusqu'à Rosière, c'est de la rigolade, tout va bien
!! Attention toutefois de ne pas accélérer, afin de conserver une foulée
économique.
Kilomètre 18 et passage dans Rosière ; ensuite, à la sortie
du village, une Clio et son gyrophare marquent un virage à droite et le
premier raidillon sévère du parcours. Certains marchent, je m'efforce de
conserver une foulée "petit braquet".
Après 2 kilomètres difficiles, la pente devient plus douce,
il fait juste frais +4°C et nous approchons du point culminant du parcours à 900 m.
En 2001, il faisait -20°C à cet endroit.
Un coup d'œil sur la superbe petite chapelle de Saint-Julien
du Pinet, magnifiquement éclairée et c'est déjà la descente sur Malataverne.
Contrôle, ravito, je fais le plein du Camelbak et c'est
reparti ! Tout de suite un nouveau faux plat vers le petit village d'Arzillac,
je rattrape d'autres coureurs en train de marcher.
Arnoux, Courenc et c'est la longue descente vers Bransac, le brouillard
tombe, on ne voit pas à 5 mètres.
Les coureurs équipés des nouvelles frontales à LED (Tikka)
galèrent : ces lampes n'éclairent pas assez et beaucoup de gars n'ont pas vu
le balisage et se sont perdus avec le brouillard !!
Je suis équipé d'une Petzl halogène, et quand j'allume ça
déménage !! Mais l'autonomie est assez faible et il faut économiser au
maximum.
Je changerai ma pile de 4.5 V vers le km 55, soit vers 5h30,
mais en revanche je n'ai aucun problème pour repérer le balisage
réfléchissant.
Sur ce type de course, afin d'avoir un bon confort visuel, il
faut un éclairage puissant. Dans le cas contraire, on perd beaucoup de temps
à repérer le balisage avec le risque de s’égarer.
4h53, arrivée à Monistrol, je pointe en 16ème position et ensuite, c'est 8 kilomètres dans un brouillard comme je n'ai
jamais vu !!!
Arrivée au CP de La chapelle d'Aurec, je pointe à la 10ème place. Pourtant, je n'ai doublé personne !!! si j'enlève les 3
abandons de Monistrol, c'est 3 gars qui se sont donc évaporés
dans la purée de pois !!!
Je fais tamponner ma carte, bois un peu d'eau salée et repars rapidement,
pas question de m'empiffrer de sandwiches au pâté de campagne ou au fromage
du coin !!!
A noter que les ravitos sont très bien fournis, il y a même
du vin chaud, mais déconseillé par temps de brouillard !!
Un moment d'inattention, et me voilà dans la cour d'une
ferme, j'ai dû manquer un fléchage, je rebrousse chemin et retrouve bien
vite l'itinéraire. Heureusement, je n'ai pas perdu trop de temps !
Bon ensuite ça ce gâte !! On quitte la route, direction la
forêt par un petit sentier boueux.
Je m'arrête à la lueur d'un éclairage public pour changer la pile de ma
frontale qui faiblit, avant de repartir.
OuAALLOuuuu!!! là c'est du trail !! J'ai bien fait de
remettre des watts dans mon luminaire !! Ca descend sur des rochers
glissants et ça remonte par un sentier très technique. Avec le brouillard et
la fatigue, c'est très délicat.
Il est plus sage de marcher à ce moment-là, il serait dommage
de chuter si près du but. De toutes façons, il n'y a aucun poursuivant en
vue, je suis d'ailleurs seul depuis plus de 3 heures.
Dernier ravito et CP à Lafayette. Mmmh, il y a même des crêpes, des
croissants et un concurrent qui s'empiffre de cake ! Mon arrivée provoque le
départ du goinfre !
Bon, inutile de traîner ici, je pointe ma carte je repars très rapidement.
Bien vite, je rattrape le gourmand, on bavarde un peu et puis
il s'arrête et marche, il est cuit ! Moi ça va après avoir pris un peu de
sucre, mais bon, je m'arrête avec lui et on discute le coup... !!!
Après 10 minutes de bavardage, je repars tranquille et c'est
l'entrée dans Firminy, une dernière côte, ouhh c'est dur ! Et puis c'est
l'arrivée au foyer cyclo CLCS.
Temps final 7h16, c'est ce que je m'étais fixé, super !
Cap sur la cantine et le plat de saucisses lentilles servi à
tous les arrivants, je retrouve quelques coureurs, chacun raconte sa course,
ses déboires dans le brouillard, l'ambiance est conviviale...
Ce raid est une épreuve sympa, très loin des grandes courses
de masse avec 228 concurrents cette année, mais avec une organisation
sérieuse et rodée.
|