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Le 5ème Maratour des Glaciers a eu lieu sur les pentes
des 2 Alpes dimanche 20 juillet par un temps splendide.
Plus de 230
concurrents se sont élancés de la station pour 2 parcours, le choix
se faisant au 15ème km.
soit:
42km et +3.200m de dénivelé avec 6 kilomètres de glaciers perchés
jusqu’à 3.560mètres d’altitude ou, 21km et +1.600m de dénivelé pour
une première approche de la course en montagne.
Le départ est
donné depuis "Le village" aux 2 Alpes.
Il est
possible de retirer les dossards la veille et d'étudier le parcours
à l'office du tourisme situé près de la gare du Jandri Express au
centre de la station.
A 9 heures, le départ est donné après les recommandations
d'usage; l'organisation nous met notamment en garde à propos de
certaines portions assez dangereuses en fin de parcours.
Nous attaquons
par 5 km de descente vers le village de Cuculet, mais pas question
de partir "pied dedans" y'a des bornes et du dénivelé au programme.
Après 20
minutes, c'est l'entrée dans le village puis immédiatement le début
de l'ascension.
14 bornes
ininterrompues de montée, ou plutôt je devrais dire: 2400m de
dénivelé positif...
Tout le monde
se calme et se met à marcher, les mollets prennent vite feu!!!
C'est vraiment
un exercice très particulier, les montagnards sont à l'aise!
L'ascension débute en sous-bois,
puis nous traversons des prairies
où
sifflent les marmottes comme pour nous encourager.
Vers 2500m
d'altitude, plus aucune végétation et c'est un paysage exclusivement
minéral qui prend le relais.
Il est 11
heures et se profile le col du Jandri avec le choix entre les deux
parcours; le retour sur la station et 21 km ou continuer l'ascension
vers le glacier.
Pour l'instant
tout baigne, je refais le plein de mon CamelBak et c'est reparti en
direction des neiges éternelles.
Je reste
admiratif devant certains coureurs beaucoup plus âgés que moi et qui
me "déposent" littéralement sur place dans des parties pourtant très
escarpées.
Il n'y a vraiment pas d'âge
pour courir et c'est tant mieux
!!
11h45, c'est l'arrivée à la gare du Jandri Express à 3200m
d'altitude.
Il fait assez frais et j'enfile mon coupe-vent
pour partir à l'assaut du glacier.
3 km aller,
jusqu'au Dôme de la Lauze, puis 3 km retour vers la gare du Jandri.
Après 10 minutes, nous croisons le premier qui redescend
déjà, c'est Daichiri Sherpa le Népalais, pas de problème d'altitude
pour lui, je jette un
œil sur mon
chrono, on s'échange un signe d'encouragement et je continue mon
ascension...
L'effet de l'altitude se fait de plus en plus sentir, j'ai
des maux de tête et je me traîne...
Puis c'est enfin la tente des contrôleurs, le ravito n'est pas au
Dôme de la Lauze mais au bout du dernier remonte
pente sur le glacier.
C'est la fin de l'ascension, je regarde l'altimètre : 3431m
Le panorama sur 360° est à couper le souffle, le temps est
totalement dégagé, je peux presque toucher le Mont Blanc!
Il y a beaucoup de vent et il fait frais, j'avale un thé
chaud, une
barre de céréales et c'est parti pour le grand schuss
!!
A peine 20 minutes et me revoici
à la gare du Jandri Express, ceux qui montent
croisent ceux qui redescendent.
Certains s'habillent et je retire mon coupe-vent.
J'enchaîne maintenant par une descente "tranquille" vers le
lac noir qui porte bien mal sont nom puisque celui-ci est d'un
sublime vert émeraude,
puis c'est l'ascension vers la tête de la Toura.
Ce passage
oblige parfois à varapper tant il y a de rochers à gravir.
Un pointage
des dossards est fait au sommet de la Toura et c'est la plongée de
plus de 1200m vers le village du Puy.
Un coup d'œil
sur le chrono et déjà 4h16 de course.
La première
partie abrupte et hyper technique oblige à la prudence.
Les quadriceps sont sollicités au maximum et les cuisses me
font souffrir, mais pas question de s'arrêter,
d'autres coureurs sont en vue.
Je consulte
régulièrement mon altimètre et cela ne baisse pas vite, à peine 32m
par minute...
Il me faudra
plus de 50 minutes pour atteindre le ravitaillement du Puy vers
1600m, il fait maintenant très chaud et il faut entamer le long
retour vers la station des 2 Alpes par le fameux sentier du Vénéon.
Attention me signalent les bénévoles en me montrant une carte IGN:
"Ici c'est très dangereux, prenez garde et ne tentez
pas de doubler un autre coureur"
Ça risque pas
!
Sujet au vertige,
j'avoue que j'appréhende un peu cette dernière portion.
Va falloir
être lucide, alors je reprends des forces, je m'hydrate correctement
et c'est reparti.
La première partie du sentier continue
de descendre et serpente à flanc de montagne dans des prairies
abruptes, il fait très chaud.
Puis soudain
des marquages au sol :
"Danger"
"prudence" "ralentir" ça se corse d'autant que les crampes ont fait
leur apparition.
Effectivement,
le sentier s'élève brutalement et, bientôt il se résume à :
La paroi, un
câble, le sentier, le vide et parfois c'est pas large !!! bref ça
rigole plus !!
Sujet au
vertige, je me concentre au maximum afin de franchir ces passages
délicats.
D'autres
coureurs moins sensibles au vide me rattrapent et c'est avec
beaucoup de précautions que je les laisse me dépasser.
Puis, progressivement la prairie remplace la falaise de
part et d'autre du sentier et je retrouve mon aise,
mais me voilà perclu de crampes et je peux à peine marcher.
C'est une
concurrente qui me délivrera de ce calvaire en me proposant de
l'aspirine à croquer.
"Prends-en,
ça fait circuler le sang" et 10 minutes plus tard,
les crampes ont disparu !
Recette
miracle ??
A retenir le coup de l'aspirine
!
Je repars
doucement pour atteindre le dernier ravitaillement, puis un coureur
arrive par un petit sentier à ma droite et engage la discute.
Il a été détourné depuis le dernier contrôle car il n'a pas
franchi les minima horaires imposés
par l'organisation.
Plus frais que moi, il s'efforce de m'attendre et c'est
ensemble que nous ferons la traversée
finale des 2 Alpes pour enfin franchir l'arrivée après 7h07
d'effort.
Je retiendrais finalement de ce parcours que,
malgré un fort dénivelé négatif, la seconde partie m'a paru plus
difficile à gérer que l'ascension du glacier.
J'y ai d'ailleurs passé autant de temps, la fatigue, les
crampes,
la chaleur...
La météo a été
relativement clémente avec cependant un gros delta de température
entre la station (29°C) et le sommet du glacier (5°C).
Les paysages
sont magnifiques, bref c'est beau mais costaud!
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