Test VO2Max et hypoxie

 

D.E.A. PHYSIOLOGIE ET BIOMECANIQUE
DE L'HOMME EN MOUVEMENT
Responsable du DEA: M. Bernard Maton

Publié avec l'aimable autorisation de son auteur: Pascal Mollard.
 

Ayant participé au test, je joins ici les détails du protocole, ainsi que le mémoire de son auteur.

Protocole du test

 

LES SUJETS :  

 

Ils sont classés en deux groupes : 

- un groupe de sujets « sédentaires » dont la VO2 max est inférieure à 45 ml/min/kg

- un groupe de sujets « entraînés en endurance » dont la VO2 max est supérieure à 55 ml/min/kg

Chacun de ces deux groupes étant composé de 12 hommes, âgés de 18 à 35 ans, non fumeurs, en bonne santé et motivés pour accomplir ces tests. Chaque sujet fait l’objet d’une visite médicale préalable et signe une feuille de consentement après avoir pris connaissance des modalités des tests et des risques encourus.

 

LES PARAMETRES RELEVES :  

On place un masque facial dans la bouche des sujets qui permet un relevé d’information informatique sur les paramètres suivants (qui aura lieu toutes les 30 secondes tout au long de l’effort) :

-         charge en watt
-         saturation artérielle en oxygène
-         fréquence cardiaque en battement par minute
-         le débit ventilatoire en litre par minute
-         fréquence ventilatoire en mouvement par minute
-         le volume courant en litres
-         la consommation d’oxygène  par minute en ml/min
-         la consommation d’oxygène  par minute par kg en ml/min/kg
-         la PETCO2 en mmhg
-         la PETO2 en mmhg

 

 

De plus trois prélèvements sanguins sont effectués (au niveau du lobe de l’oreille préalablement chauffé à l’aide d’une pommade révulsive à la capsaïcine) :

-         une juste avant le début de l’exercice
-         une au seuil lactique
-         l’autre pendant la phase de récupération (2 minutes après la puissance maximale)

 

Sur ces prélèvements sanguins seront analysés  sur radiometer ABL 520 : 

-         la pression d’oxygène
-         la pression du dioxyde de carbone
-         le ph
-         fraction d’oxyhémoglobine
-         fraction de carboxyhémoglobine
-         hématocrite
-         FmetHb
-         Taux de lactate
-         Concentration en bicarbonate
-         Concentration en dioxyde de carbone 

 

Enfin, sur la deuxième oreille (qui a été également chauffée au préalable) on place un oxymètre de pouls qui permet la mesure transcutanée de la SaO2 et des électrodes, positionnées sur le torse ainsi que sur le dos des sujets, assurent le relevé continu de l’électrocardiogramme.

 

 

MISE EN CONDITION HYPOXIQUE

 

Les sujets doivent réaliser des VO2 max à 6 altitudes différentes

-         0 mètre (au niveau de la mer)

-         1000 mètres

-         1500 mètres

-         2500 mètres

-         3500 mètres

-         4500 mètres

 

 

Afin de simuler ces altitudes, les sujets respirent un mélange gazeux hypoxique avec une Fraction Inspirée en Oxygène (FIO2) réduite et adaptée à l’altitude choisie (mélange d’O2 et d’N2 ).

Ainsi, on met en place un masque facial qui permet à travers une valve bidirectionnelle (Hans Rudolph) avec un pneumotachographe pour la mesure des débits ventilatoires tout en permettant au sujet de ventiler le mélange hypoxique.

La première VO2max effectuée est celle du niveau de la mer pour vérifier que les sujets soient bien dans la tranche de VO2Max qui nous intéresse. Par la suite l’ordre des altitudes est tirée au sort. De plus nous considérons que le sujet atteint sa VO2max lorsque les trois critères suivants sont réunis :

 

-         l'existence d'un plateau de VO2
-
         une fréquence cardiaque maximale proche de la fréquence cardiaque maximale théorique soit 220-âge +/- 10%
-
         un quotient respiratoire supérieur à 1,1

 

 

DEROULEMENT GENERAL DE L’EPREUVE :

 

Les sujets sont assis sur la bicyclette ergométrique ER 900 (Jaeger), avant le début de la manipulation de façon à faire le réglage de la hauteur de selle.

Apres avoir préalablement mis la pommade chauffante sur les lobes d’oreilles, le sujet est assis sur la bicyclette, ses pieds sont fixés aux pédales, les électrodes pour l’ECG  sont positionnées, l’oxymètre est placé sur le lobe de l’oreille et  enfin, on met en place un masque facial. Pendant ce temps, l’altitraineur est calibré et réglé à la bonne altitude.

Ses narines sont obstruées par un pince-nez, ainsi il respire le mélange gazeux correspondant à l’altitude désirée pendant trois minutes.

Peu de temps avant la mise en action, le premier prélèvement de sang capillaire artérialisé est effectué au niveau du lobe de l’oreille.

Au bout des trois minutes le sujet commence à pédaler à une puissance de 60 Watts, par la suite incrémentée de 30 Watts toutes les deux minutes. Le sujet doit tenir la fréquence imposée de 70t/min. Il réalise alors une épreuve d’effort maximal, durant laquelle il est encouragé à poursuivre la tâche jusqu'à épuisement. Un prélèvement sanguin a lieu au seuil lactique. Dès que le sujet ne peut plus assurer la fréquence de pédalage imposée, la puissance est redescendue à 100 W pendant une minute, puis enfin à 60 W pendant les 2 minutes suivantes. Un deuxième prélèvement sanguin est alors effectué après 2 minutes lorsque la première minute du palier à la puissance est de 60 W est terminée. 

 

Chaque sujet réalise donc 6 tests de VO2Max à altitudes différentes, l’ensemble étant réalisé à raison de deux tests par jour avec un minimum de 3 heures de repos entre chaque, ce qui nécessite finalement deux semaines par individu. (ceci peut être modifié en fonction des disponibilités de chacun)

 

date du test : décembre 2002        

Pascal Mollard
    

 

 

 

 

 

 

 

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